Les investisseurs ne font plus crédit au Gabon sur le long terme. L’adjudication du 22 juillet 2026 met en évidence un effondrement quasi généralisé de la mobilisation des créanciers dès que l’engagement dépasse quelques semaines.

Un rejet massif des investisseurs
Sur six lignes d’emprunts proposées aux Spécialistes en Valeurs du Trésor (SVT), cinq ont été boudées.
Les investisseurs fuient le risque et se réfugient exclusivement sur des bons à échéance immédiate, à savoir août 2026.
Même un léger décalage des remboursements au mois d’octobre suffit à figer la demande.
L’ombre des agences de notation

Cette désertion n’est pas un accident conjoncturel, mais la traduction directe d’une perte de confiance envers la signature souveraine du pays.
Les marchés financiers ont intégré les récentsavertissements comme le maintien de la note « CCC- » par Fitch fin mai, suivi par l’abaissement de la perspective à « négative » avec une note de Caa2 infligée par Moody’s fin juin.
Face à ces signaux alarmants, les banques régionales refusent de s’exposer.
Un financement au prix fort

La conséquence pour les finances publiques estimmédiate.
Pour réussir à lever ses 30 milliards de FCFA sur 3 ans (la seule ligne longue acceptée ce jour-là), le Trésor a dû concéder un prix moyen pondéré de 93 %, soit une décote de 7 % sur la valeur des titres.
Associée à un taux d’intérêt (coupon) de6 % , cette ristourne fait grimper en flèche le rendement effectif exigé par les créanciers
L’État parvient donc encore à s’endetter au-delà du court terme, mais à un tarif exorbitant qui alourdit le fardeau de la dette et l’enferme dans le piège des emprunts d’urgence.



